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Geschichte(n) der Fotografie mit Malika Diagana aus Mauretanien

Vorwort African Voices


Narrative Change: Malika Diagana

Dieser Beitrag ist der 4. Gastbeitrag. African Voices will zuhören statt weiter Klischees bedienen und lädt mit der Serie «Narrative Change» afrikanische Expert*innen ein, damit diese selbst über ihr Engagement berichten.

In diesem Beitrag geben wir Malika Diagana, Fotografin und Kulturunternehmerin aus Mauretanien, das Wort.

An dieser Stelle herzlichen Dank an unsere Finanzierungspartner*innen.


Malika Diagana ist eine Poetin der Fotografie. Sie erzählt Geschichten, die von einer Zärtlichkeit des Augenblicks getragen sind und trotzdem zeitlos bleiben. Im Beitrag zeigt Malika Diagana ihren Werdegang, ihr Engagement und ihre Projekte. Ihr Mut, sich nicht nur mit sich selbst, sondern auch mit der Gesellschaft auseinanderzusetzen, drückt trotz der gesellschaftlichen Hürden, immer wieder durch. Malika Diagana ist eine Fotografin und Kulturunternehmerin, die mit Licht schreibt, mit Bildern Geschichten erzählt und Emotionen einfängt. Fotografie ist ihr Weg, um mit der Welt in Kontakt zu treten und Spuren zu hinterlassen.


Gastbeitrag von Malika Diagana

Original in Französisch (Lesezeit: 7 Minuten); die deutsche Übersetzung im PDF zum Download am Schluss des Beitrages.


La photographie et sa propre perspective


Photo: Malika Diagana
Photo: Malika Diagana

Ma démarche artistique part de l’observation du quotidien et des histoires que les gens me racontent. Je témoigne de ce qui m’entoure, parfois dans un esprit documentaire, parfois dans une recherche plus poétique ou abstraite. Je considère mon appareil comme un œil intérieur, celui qui traduit sensations et intuitions, celui qui ouvre des portes vers des images hors du temps.


Je travaille principalement en noir et blanc. Pour moi, cela représente la dualité que chacun porte en soi : l’ombre et la lumière. Le noir et blanc est une manière de chercher l’équilibre, de révéler l’adversité et la beauté qui cohabitent dans nos vies.


À travers mes photos, je cherche à capter des émotions. Dans l’adversité, je capture des instants, des regards, des dialogues silencieux avec l’autre. C’est une forme d’introspection partagée : je me noie dans l’autre et les esprits fusionnent. La photographie me permet de raconter des histoires universelles, celles d’un monde en mouvement, mais aussi celles d’individualités uniques.


Photo: Malika Diagana
Photo: Malika Diagana

Au début, je ne me concentrais sur rien de précis. Je voulais simplement comprendre le monde à travers mon objectif. Je me suis d’abord intéressée aux enfants, avant de m’orienter vers les femmes du Sahel. En tant que femme, je suis témoin des difficultés quotidiennes et je vois combien la vie des femmes dans cette région était faite de luttes et de responsabilités. Leur rôle est essentiel, non seulement pour leurs familles, mais pour le développement social et économique de nos pays.


À travers mes portraits, je rends hommage aux femmes : leur diversité, leurs luttes, leurs engagements, leur douceur et leur force. Je veux montrer leur réalité, mais aussi leur dignité et leur puissance.


La photographie en échange avec le monde


À travers mes photographies, je donne la parole aux femmes. Les deux projets que j'ai menés, et que je vais brièvement présenter ici, illustrent ma démarche. Le premier, intitulé « Raconte-moi ton histoire », a initié vingt femmes à la photographie, leur permettant d'exprimer leurs points de vue par l'image. Ce projet de formation au photojournalisme a été réalisé en Mauritanie avec le soutien du Programme alimentaire mondial (PAM). Le second, « De Nouakchott à Mbéra », a mis en lumière le travail des femmes dans le camp de réfugiés. Ce projet a bénéficié du soutien du HCR. Ces deux projets ont fait l'objet d'expositions et démontrent que la photographie est une forme visuelle de narration.


Photos Malika Diagana: « Raconte-moi ton histoire » et « De Nouakchott à Mbéra»


Mes séries de portraits personnels «Femmes du Sahel, Femmes du monde» et «Le silence de l'humanité» sont empreintes d'une perspective sociale. Cela me permet de mettre en lumière des histoires souvent ignorées, de nommer les problèmes sociaux et de les rendre visibles.


Photos Malika Diagana: « Femmes du Sahel, Femmes du monde » et « Le silence de l'humanité »


La photographie m'a emmenée aux quatre coins du monde et me permet de partager le message de mes images avec un public international. Mon travail m'a conduite en Europe (Allemagne, France, Suisse) et au Canada. J'ai également eu l'opportunité d'exposer en Afrique (Nigeria, Sénégal, Mali).

 

Actuellement, j'explore de nouvelles formes d'expression visuelle, notamment un projet de court-métrage. J'accorde une grande importance à un contexte social plus large, au-delà de mon expérience personnelle. C'est pourquoi j'organise un événement photographique en Mauritanie afin de toucher un public encore plus vaste et de mettre en lumière le riche patrimoine photographique du pays, en particulier depuis les années 1960, même si la peinture y est plus implantée.

 

Photo: Malika Diagana
Creative Asso - Malika Diagana

Au-delà de ma vision unique du monde et des projets inspirants que je porte, ou du partage de mes messages, je m'efforce de laisser mon empreinte en Mauritanie. L'association que j'ai fondée, «Creative Asso», a pour but de promouvoir l'art et la culture et de permettre aux jeunes de les pratiquer et de les développer ensemble. Parmi les projets déjà menés à bien par mon association figure la construction et l'équipement d'un laboratoire informatique afin d'offrir aux jeunes des zones rurales un accès aux technologies numériques.


Un autre pilier de mon organisation est constitué par des programmes de formation spécifiquement destinés aux femmes. Je m'efforce de les soutenir au mieux dans leur parcours professionnel et je m'engage à ce que les femmes soient reconnues dans le secteur des arts et de la culture.

Le principal obstacle pour moi demeure le financement*. Comme pour les projets mentionnés, il en va de même pour mon organisation : sans soutien financier, de tels projets n'ont généralement aucune chance de se concrétiser. Sans les outils nécessaires, les jeunes Mauritaniens ne peuvent eux non plus s'épanouir dans leur créativité.


Les défis du métier de photographe en Mauritanie*


En tant qu'artiste et entrepreneur culturel en Mauritanie, je suis confronté chaque jour à de nouveaux défis. La culture, comme ailleurs, est souvent négligée. Soit le soutien politique fait défaut, soit les financements sont insuffisants. Pourtant, je suis convaincu que l'art et la culture sont des moteurs essentiels du développement d'un pays, car ils invitent constamment à la remise en question et au repositionnement. Je crois fermement que la photographie est un outil de lutte et de transformation sociale. Elle peut rendre visibles des réalités invisibles, sensibiliser, soutenir des mouvements et enrichir notre imaginaire collectif. Il est donc important de disposer d'un espace créatif d'échange, de questionnement et d'expérimentation. En bref : un espace où l'art et la culture s'incarnent en Mauritanie. C'est ce que je m'efforce de créer avec mon association.

 

J'associe le désir d'être artiste à la liberté. Cependant, ce chemin est semé d'embûches et très difficile sans le soutien de ma famille. Bien que certains membres de ma famille soient déjà actifs dans le milieu artistique, il ne m'a pas été facile non plus de partager ma décision avec eux. Aujourd'hui, je suis reconnaissante de mon parcours et des œuvres que j'ai déjà pu vendre. Néanmoins, l'idée qu'on ne peut pas vivre de son art persiste. Et même pour moi, qui ai déjà exposé à plusieurs reprises en Italie et à l'étranger, il reste difficile de maintenir une présence publique régulière. En tant que femme, j'ai toujours le sentiment que nous devons lutter plus fort que les autres. Je milite pour l'égalité des chances et, par conséquent, je soutiens au mieux les autres femmes dans la réalisation de leurs rêves et de leurs objectifs. Au sein de notre réseau, nous défendons l'idée qu'il ne faut pas se laisser freiner par les préjugés et que nous soutenons les ambitions de chacune.

 

La Mauritanie possède un potentiel créatif immense, mais elle souffre toujours d'un manque d'infrastructures, de formations et d'enseignement supérieur. Les jeunes sont talentueux et ont besoin de soutien. Si je devais adresser un message aux jeunes Mauritaniennes qui rêvent d'une carrière artistique, je leur dirais : croyez toujours en vous. Mettez en œuvre des stratégies pour réussir grâce à un travail acharné et à la persévérance, en sachant que cette œuvre pourrait être oubliée dans seulement vingt ans. Mais ce dont je suis sûre, c'est que je me suis investie pleinement, à travers mes photographies, mes projets et mon dévouement.


Informations biographiques sur Malika Diagana


Photo: Malika Diagana
Malika Diagana

Malika Diagana est née à Nouakchott d'une mère capverdienne et d'un père mauritanien d'origine soninké. Ce riche héritage culturel est aussi son foyer spirituel, où les échanges entre les idées et les cultures sont fluides.

 

La photographie fait partie intégrante de la vie de Malika depuis son enfance. Son grand-oncle, Julien Lopez, dirigeait le studio photo Artista à Saint-Louis, au Sénégal, dans les années 1960 et était réputé pour ses photographies en noir et blanc. Elle le cite comme le point de départ de son propre travail et, plusieurs décennies plus tard, expose ses œuvres au prestigieux Musée de la Photographie de Saint-Louis. Les nombreuses photographies que sa mère conservait, témoins du passé, et qu'elle continue de feuilleter avec plaisir, ont également marqué son enfance.

 

Malika Diagana a étudié l'animation vidéo, la réalisation, le graphisme et le multimédia. Lors d'un cours de photographie suivi dans le cadre de ses études, le photographe de renom Djibril Sy a reconnu son talent artistique, ce qui l'a encouragée à se lancer dans une carrière de photographe.

Follow Malika Diagana sur Instagram: https://www.instagram.com/malika_diagana/


*Note d'African Voices 

Dans son livre « Voix du silence », l'auteur mauritanien Yahya Ekhou s'appuie sur sept récits biographiques de femmes pour illustrer l'impact profond du quotidien en Mauritanie. Malgré les nombreux obstacles structurels auxquels elles sont confrontées, ces femmes sont animées par une soif de connaissances, une curiosité insatiable et une volonté de participer à des manifestations. Les remarquables accomplissements de femmes comme Malika Diagana pour leur pays sont magnifiés par les histoires d'autres femmes. Les projets tels que le sien, qui valorisent l'expression artistique des femmes, méritent tout particulièrement d'être soutenus. Les dons à l'association de Malika Diagana peuvent être effectués directement auprès d'elle (https://www.instagram.com/malika_diagana/) ou via African Voices (info@africanvoices.ch). Merci!

Übersetzter Gastbeitrag von Malika Diagana - Deutsche Version


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